Né à Paris (XIVe arr.), photograveur ; délégué au Comité d’entreprise ; secrétaire général du Comité de groupe Socpresse ; candidat à l’élection municipale de 1976 à Cachan pour le Parti socialiste unifié (PSU) ; a publié en 2013 « Chronique des Aurès ».
Il naît à Paris de parents italiens originaires du Piémont. Élève de l’École supérieure Estienne des arts et industries du livre, promotion 1951/1955, il exerça la profession de clicheur à partir de 1955 dans les établissements Perenchio, Larousse et Victor Michel, jusqu’en 1959. Il adhéra à la CGT en 1955 à la section syndicale des clicheurs-galvanotypeurs.
Appelé en mars 1957 pour le service militaire, il est envoyé directement en Algérie, à Télèrgma, dans le Sud-Constantinois, au sein du 7ᵉ régiment de tirailleurs algériens, affectation vécue comme une mesure disciplinaire liée à ses positions anticolonialistes. En juillet 1957, il est muté au 2ᵉ bataillon du 7ᵉ RTA (2/7ᵉ RTA) à Mac-Mahon (aujourd’hui Aïn Touta), dans la région des Aurès, où il exerce principalement des tâches administratives. Son unité se déplace ensuite à Barika, puis à Khenchela, à Edgard-Quinet (Kaïs) et enfin à Corneille (Mérouana), où il est libéré de ses obligations militaires en juin 1959, après vingt-sept mois de service.

En octobre 1959, il fut embauché par la société SIRLO comme clicheur, puis, à partir de 1978, comme photograveur. Il travaille à la fabrication des quotidiens nationaux. Il resta chez SIRLO jusqu’en 1992, date de sa préretraite. Il prit des responsabilités syndicales en 1965, en tant que délégué du personnel à la SIRLO de 1965 à 1968, puis délégué au Comité d’entreprise de 1982 à 1986, et enfin secrétaire du Comité d’entreprise de 1986 à 1992. Il fut secrétaire général du Comité de groupe Socpresse de 1990 à 2008. Ce comité était la représentation intersyndicale du Groupe Socpresse, premier groupe de presse quotidien en France, qui comptait alors plus de 8 000 salariés. Il fut adhérent de la FILPAC CGT, de la section de photogravure du SGLCE et du SNJ CGT.
René Fagnoni adhéra à l’Union de la gauche socialiste en 1959, puis au Parti socialiste unifié (PSU) de 1960 à 1983. Il fut candidat aux élections municipales de 1976 à Cachan. Il exerce les fonctions de secrétaire de la section PSU de Cachan de 1973 à 1983.
À partir de l’année 2000, il retourne en Algérie, où il écrit plusieurs articles dans la presse algérienne, notamment pour réhabiliter la mémoire de ces Algériens d’origine européenne qui avaient combattu aux côtés des maquisards dans la lutte pour l’indépendance.
Il publia en 2006 Chronique des Aurès aux éditions Art Kange à Alger, un opus rassemblant ses photos en couleur des années 1958 et 1959 ainsi que ses articles parus dans la presse algérienne. Une édition en tamazight, langue berbère, de ce livre est sortie en 2013. Une réédition francophone, revue et augmentée, parut aux Éditions Dalimen d’Alger et fut présentée au Salon international du livre d’Alger en novembre 2013. Bien que marquée par son séjour militaire forcé en Algérie alors qu’il était anticolonialiste, cette période fut transformée en une « expérience humaine positive ». Il rencontra le peuple algérien et sa terre hospitalière. Muni de son appareil photo couleur, une merveille pour l’époque, il flasha pour immortaliser tout ce qu’il voyait ; ces photographies ont capturé des instants rares et constituent un témoignage poignant.
Source: Maitron, notice FAGNONI René, Étienne dit Fausto par Isabelle Antonutti, version mise en ligne le 1er juin 2017, dernière modification le 1er décembre 2025.


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